Archives de catégorie : Actualités Garonne

Les plages et îlots de Garonne

Les atterrissements sont des plages de galets ou des îlots, formés grâce à des sédiments issus de l’érosion des berges en amont ou de la remobilisation de matériaux dans le lit. Petit à petit, ils se végétalisent et se fixent.

Suite à l’extraction de graviers pour l’industrie du granulat dans le lit mineur de Garonne et de la plupart des cours d’eau, ces derniers se sont retrouvés déficitaires en sédiment. Cependant, lors des crues le cours d’eau va chercher à équilibrer sa balance quantité d’eau – quantité de sédiments transportés, en érodant, afin de réduire son débit (balance de Lane, 1955, ci-contre). Donc, petit à petit le cours d’eau refait des stocks de matériaux dans son lit nécessaire à la vie aquatique et lors des crues pour dissiper son énergie. En effet, d’après Craul (1999), si la vitesse de l’eau est doublée, cela augmente de 4 fois la puissance érosive, de 32 fois la masse de sédiments transportés et de 64 fois la taille des particules transportées. Néanmoins, la présence de ces atterrissements réduit aussi la largeur du lit, continuant à creuser encore plus le chenal principal dans la roche mère, la molasse, on parle d’incision du lit.

Ce sont les raisons pour lesquelles, nous avons voulu appréhender les phénomènes de transports sédimentaires sur la Garonne à l’aval de Toulouse. Nous suivons donc certains atterrissements comme ci-dessous à Saint Caprais. Cela nous permet aussi d’évaluer pour quel débit de Garonne une crue va être morphogène c’est à dire qu’elle va modifier la morphologie du lit.

Les atterrissements de Saint Caprais

Pour rappel, le tableau ci-dessous avec les crues annuelles les plus fortes, de 2012 à 2019.

Tableau 1 : Crue annuelle les plus fortes chaque année, évaluée par le débit journalier moyen (QJM), le débit instantané maximal et leur fréquence de retour. Les crues de rouge à orange sont de forte à moyenne intensité. (Source : Banque Hydro ; Station de référence : Verdun sur Garonne)

Les crues les plus morphogènes sont surlignées en rouge (> 3000 m3/s en débit instantané) dans le tableau, celles en orange le sont un peu moins (entre 2000 et 3000 m3/s en débit instantané) et les autres ne le sont pas du tout (< 2000 m3/s en débit instantané). En 2018, il y a eu 5 crues avec seulement une, au débit instantané supérieure à 2000 m3/s.

La cartographie générale de l’évolution des surfaces des atterrissements de Saint Caprais (ci-dessous) permet de mettre en relation les surfaces de ces entités avec le suivi photo et de rendre compte des effets des crues qui ont été morphogènes, comme annoncé paragraphe d’avant.

Figure 1: Evolution des surfaces de l’atterrissement de Saint Caprais de 2015 à 2018.

Il n’y a pas de contour de l’atterrissement de Saint Caprais en 2016, 2017 et 2019 (carte dessus) car celui-ci n’a pas été modifié par les crues de faible ampleur. Nous étudions cette problématique depuis 2015, aussi il n’y avait pas eu de contours GPS de fait avant les crues de juin 2013 (QJM 2520 m3/s et Qmax[1] 3010 m3/s) et janvier 2014 (QJM 2880 m3/s et Qmax 3300 m3/s), ni de photos faites en 2013 et 2014. Par contre, grâce aux orthophotographies de Géoportail©, ci-dessous, nous observons que la crue de 2013 a amputé quasi la moitié de l’atterrissement situé au Sud du site (rond jaune dessous) puis la totalité a disparu suite à la crue de janvier 2014, au vu de l’orthophotographie de 2016 (ci-dessous). On détecte aussi que l’arasement de cet atterrissement a déplacé le chenal principal et a allongé l’atterrissement du site de Fontaine situé sur la rive d’en face.

Figure 2 : Orthophotographie issue de Géoportail©, de gauche à droite 08/2010, 08/2013 et 2016

Observation confirmée par les photos terrain, ci-dessous, de 2012 et 2014, on ne voit plus l’atterrissement (rond jaune), seul persiste le petit ilot (rond rouge) qui était situé entre la berge et le gros atterrissement-ilot. Ce même ilot en 2015 s’est bien engraissé puis a subi des érosions en 2018 –photo dessous).

12/07/2012 QJM 76,3 m3/s                                                13/05/2014 QJM 336 m3/s
16/09/2015 QJM [2] 58,3 m3/s                                              22/11/2018 QJM 70,3 m3/s

A la suite des deux crues quinquennale, entre 2015 et 2018 (photo ci-dessus), l’atterrissement a été très érodé avec une forte diminution de la largeur. Ceci est confirmé sur la carte plus haut où l’on voit le contour qui a diminué de 563 m2 (2918 m2 à 2355 m2) et s’est allongé.

Figure 3 : La berge érodée de l’ilot le 21/11/2018.

La Garonne en 2019 a vu ses niveaux d’eau très bas et une sécheresse très précoce en juillet, ce qui a permis le développement de la végétation et notamment de jeunes pousses de peuplier (photo dessous) bien en aval du site et en aval du seuil naturel de Garonne.

Conclusion et perspective :

On peut conclure que ce sont des crues décennale et vicennale (comme celle de 2013 et 2014) qui sont les plus morphogènes pour la Garonne. Elles permettent de faire une « purge » et de remobiliser de nombreux matériaux dans le lit mineur. Des ilots très végétalisés semblent figés, comme on l’a vu sur les orthophotographies plus haut, redeviennent mobiles pour ces niveaux de crues. Ce sont des crues de plus en plus rares mais qui sont très importantes pour les milieux. En effet, elles contribuent au renouvellement des milieux et à la vie de l’écosystème fluvial. Les crues quinquennales de 2015 et 2018 sont quant à elles morphogènes à la marge sur des milieux peu fixés.

Aucune action sur ces bancs de graviers (coupe d’arbres, scarification pour remise en mouvement des matériaux) ne peut être entreprise car elle serait couteuse et inefficace. Il faut favoriser l’érosion des berges (enlèvement des digues, enrochements…) pour remettre des matériaux, en déficit, dans le lit et favoriser la libre circulation des sédiments souvent bloqués dans les lacs de barrages.

Berthold Brecht « On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent ».


[1] Qmax= Débit instantané maximal

[2] QJM = débit journalier moyen


LA CATEZH GARONNE INTEGRE LE GROUPE DE TRAVAIL DE LA ZONE D’ATELIER PYGAR

Depuis plusieurs années, une forte dynamique de travail collaboratif apparait dans le domaine de l’environnement, entre les laboratoires de recherche, les acteurs socio-économiques et les gestionnaires. Fort de cette idée, un réseau d’acteurs pluridisciplinaires, dont l’objectif premier est l’étude des interactions (nature, cinétique) entre les systèmes sociaux et les systèmes écologiques, s’est créé à l’échelle nationale (cf carte). Il est organisé autour d’un réseau de 14 « Zones d’ateliers », chacune représentative d’un élément constitutif d’un territoire (fleuves, montagnes, villes …).

Une zone d’ateliers concerne le bassin versant de la Garonne, la ZA PYGAR (pour PYrénées, GARonne). Elle englobe 4 territoires de recherche :

  • Pyrénées, partie amont du bassin de la Garonne (PYR),
  • Vallées et Coteaux de Gascogne, partie Est (VCG),
  • Axe Fluvial Garonne, de l’amont vers l’aval (AFG),
  • Bassins de l’Aveyron et du Viaur (AV).

La ZA PYGAR regroupe des chercheurs et enseignants-chercheurs, des ingénieurs et techniciens, des entreprises, des gestionnaires et des doctorants et post-doctorants de 17 laboratoires de recherche de Toulouse et de Bordeaux. Un de ses objectifs, est d’agir comme une plateforme pour des études collaboratives et promouvoir l’interdisciplinarité. Elle propose aux chercheurs, gestionnaires et acteurs socio-économiques de se rassembler pour faire émerger des solutions visant à résoudre des problématiques territoriales relatives aux activités humaines et au fonctionnement des écosystèmes.

Les 3 questions posées par les équipes de la ZA PYGAR se situent à l’interface entre les systèmes socio-économiques et les systèmes écologiques.

  • Quelle est la contribution respective du changement climatique et des activités socio-économiques aux modifications de la biodiversité et du fonctionnement des écosystèmes ?
  • Quelles sont les interactions entre les pratiques (pratiques agricoles, prélèvement des ressources: eau, minéraux, biodiversité, rejet d’effluents) et les services écosystémiques (approvisionnement en eau, régulation des flux, ravageurs des cultures, pollinisation)?
  • Quelles sont les relations entre les disponibilités en ressources, leur accès et la structuration des populations humaines sur des périodes historiques et pré-historiques ?

C’est dans ce cadre de travail, que la CATeZH Garonne a participé, en tant que gestionnaire de milieux naturels, au deuxième atelier de travail le vendredi 29 mars 2019. Le thème de la journée était : « Biodiversité et bioservices » : Quelle(s) plus-value(s) pour les activités socio-économiques ? Cette journée organisée sur le campus de l’ENSAT, a été l’occasion de présenter le programme des CATZH à l’échelle Adour-Garonne et plus précisément les actions de la CATeZH Garonne.  

Durant l’année 2019, l’objectif de cette collaboration est de pouvoir faire émerger des projets de travail commun, au service de la préservation des milieux humides. Les éléments de réflexion issus des deux premiers ateliers serviront de socle de travail.

La CATeZH Garonne a proposé d’orienter les réflexions sur la refonte des plans de gestion de zones humides et sur la création d’une batterie d’indicateurs pour l’évaluation des actions mises en œuvres, afin de répondre au mieux aux attentes des maîtres d’œuvre. Aussi nous proposons la création d’un groupe de travail thématique pluridisciplinaire, pour la gestion des milieux humides.

En savoir +

Construisons ensemble notre projet de territoire pour la gestion de l’eau

A l’heure où les changements climatiques provoquent déjà un déséquilibre, alors que les projections scientifiques à l’horizon 2050 concluent à une nette diminution des précipitations, face aux besoins croissants dus à la pression démographique et à l’urbanisation, la ressource en eau apparaît plus que jamais fragilisée. Devant une telle configuration, les recherches de solutions pour atténuer les effets des changements climatiques et anticiper les menaces à plus long terme, seront d’autant plus efficaces qu’elles seront entreprises de manière collective et solidaire.

Le bassin d’alimentation de la Garonne Amont, de la source dans les Pyrénées espagnoles à la confluence avec l’Ariège en amont de Portet-sur-Garonne, n’échappe pas à la règle et fait aujourd’hui l’objet d’un projet de territoire dans une dynamique de co-construction.

Le Conseil départemental de la Haute-Garonne, en partenariat avec l’Etat, la région Occitanie, les départements de l’Ariège, des Hautes-Pyrénées et du Gers ainsi que l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, s’intéresse de manière active et participative à la ressource en eau sur ce périmètre géographique de 5828 km² où vivent 230 000 habitants. Cette démarche s’effectue également en association avec la Métropole de Toulouse et le Val d’Aran.

Les acteurs institutionnels choisissent d’aborder ensemble, et en s’appuyant sur le dialogue citoyen, la question de la ressource en eau et de son avenir. En ce premier trimestre de 2019, la « mise en dialogue » de la question de l’eau de la Garonne Amont donne lieu à une concertation placée sous le contrôle de deux garants désignés par la Commission nationale du Débat public (Cndp) selon l’article L 300-2 du Code de l’environnement.

Le Conseil départemental et ses partenaires ont composé un panel citoyen de 30 personnes tirées au sort. Lors de 4 séances de travaux, elles se réuniront pour comprendre les causes de l’état de la Garonne Amont aujourd’hui mais aussi inventer et proposer des solutions pour demain.

Ces échanges aborderont la question de la ressource en eau sous différentes dimensions en jeu dans nos territoires et sociétés : les milieux naturels, la biodiversité, les activités économiques, le tourisme, l’industrie, l’hydroélectricité, l’agriculture…

Plus largement, ce travail collaboratif se nourrira des avis, contributions et questions exprimées par tous ceux qui le désireront, au moyen de trois outils d’information et d’expression ouverts à tous : le site internet participatif avec ses espaces thématiques de discussion en ligne www.garonne-amont.fr, les ateliers thématiques, les rencontres informelles dans « l’agora » que sont les places, les marchés et autres lieux de vie.

Fin 2019, une restitution des travaux effectués tout au long de cette démarche sera présentée aux acteurs qui auront contribué à son élaboration ainsi qu’à tous ceux qui voudront en savoir plus.

Le Conseil départemental de la Haute-Garonne et ses partenaires se saisiront ensuite de ces contributions pour décider de leur politique de l’eau pour l’avenir.

RETOUR SUR LE COPIL 2018 DE LA CATEZH GARONNE

Le 29 janvier 2019, s’est tenu à la mairie de Grenade, le Comité de Pilotage de la CATeZH Garonne. Cette journée a été l’occasion de revenir sur les actions passées de l’année 2018 et de présenter des bilans technique et moral de l’animation du réseau de la CATeZH Garonne (télécharger la présentation).

Une présentation de la stratégie de développement et des actions à venir pour l’année 2019 a également été présentée aux participants. La matinée s’est poursuivie avec plusieurs interventions :

  • Retour sur 8 années de gestion de 3 sites humides sur la commune de Grenade-sur-Garonne, par Jean-Louis FLORES, élu de Grenade et Thomas MATARIN, Nature En Occitanie.

Télécharger la présentation.

  • Présentation du XIème programme de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, par Guillaume BAQUIE, AEAG.

Télécharger la présentation.

  • Suivi hydrologique 2018 de la Garonne par Nelly DAL POS, Nature En Occitanie.

Télécharger la présentation.

Nous tenons à remercier l’ensemble des intervenants pour la qualité de leurs interventions et les participants pour leur intérêt à la préservation des zones humides alluviales de Garonne.

Télécharger le compte rendu de la journée.

Sortie découverte de la Garonne en vélo

Ce samedi 30 juin 2018, l’association Nature en Occitanie, dans le cadre de la Cellule d’Assistance Technique aux Zones humides de Garonne*, a organisé une sortie de découverte en vélo de la vallée de la Garonne en Haut-Comminges. Le parcours de 13 km effectué de Saléchan à Loures-Barousse, a été l’occasion de découvrir pour un groupe de 12 personnes, les richesses naturelles de la Garonne. Au programme, présentation par Nature Midi-Pyrénées et M. Georges SUBRA, du fonctionnement naturel d’un cours d’eau, observation de la faune et de la flore des boisements alluviaux et discussion autour des activités pratiquées le long de la Garonne. La matinée s’est poursuivie autour d’un apéritif convivial à la base de loisir de Loures-Barousse, où les discussions et les débats ont été riches.

Cette journée qui fut une réussite, sera reconduite en 2019.

 

Un grand merci aux participants, ainsi qu’à la mairie de Saléchan pour leur accueil, à M. Georges SUBRA pour son exposé sur l’histoire de la Garonne et à Janine SOUMET pour son soutien dans l’organisation.

 

*La CATeZH Garonne est financée par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et les fonds Européen (FEDER).

Les Jeudis de la Garonne : c’est parti !

Lors de son dernier COPIL le 24 janvier 2018, les membres du réseau de la Catezh Garonne ont validé l’organisation tous les derniers jeudis du mois d’une rencontre sur les territoires de ses adhérents : Les Jeudis de la Garonne. Ces rencontres, en salle ou sur site, destinées aux élus et adhérents du réseau, allieront proximité et actualité de vos territoires. Ces moments d’échanges vous sont destinés, aussi faites nous part de vos suggestions. Nous espérons que vous pourrez nous rejoindre nombreux l’espace d’une paire d’heures chaque fin de mois.

A très bientôt !

Inscription conseillée auprès de Michèle JUND / 05 34 31 97 95

m.jund@naturemp.org

Pour la première des « Jeudis de la Garonne » vous êtes très cordialement invités à la présentation de « Naïade » le Jeudi 29 mars de 18H à 20H à la Mairie de Portet-sur-Garonne dans la grande salle de la Maison des associations

Une naïade est née ! 

La Naïade est une espèce de libellule de la famille des demoiselles. Elle vit dans les milieux humides. C’est aussi le nom du nouvel outil de sensibilisation destiné à préserver nos milieux humides. Mais qu’est-ce qu’une zone humide exactement ? où se trouvent-elles ? comment fonctionnent-elles ? qui y vit ? savez-vous quels services elles nous rendent ?

On les appelle des infrastructures naturelles car elles filtrent l’eau, luttent contre les inondations et nous offrent des espaces de nature, de pêche et des lieux frais en période de canicule…

Et pourtant elles se font de plus en plus rares !

Aussi, Nature Midi-Pyrénées, avec le soutien de l’Europe, l’Agence et la Région, s’est engagé dans la conception d’un outil permettant, en un court laps de temps, à des acteurs décisionnaires (et à un public plus large également) :

  • De reconnaitre les différents types de zones humides
  • D’associer quelques espèces associées, qu’elles soient patrimoniales, communes ou exogènes
  • D’appréhender la complexité de leur fonctionnement
  • D’assimiler leurs fonctions naturelles
  • De saisir de manière suffisamment fine les services écosystémiques qu’elles apportent pour pouvoir argumenter.
  • De comprendre les impacts des aménagements
  • De confronter les différentes approches des acteurs en présence etc…

REPARTIR DES FONDAMENTAUX POUR MIEUX COMPRENDRE LES ENJEUX DES ZONES HUMIDES ET PLUS LARGEMENT PRESERVER LA RESSOURCE EN EAU

Les liens entre ces milieux et l’eau sont omniprésents et complexes. Pour diffuser ces informations de manière ludique, expliquer simplement, l’outil pédagogique se devait d’être facile à utiliser. Il comprend :

  • une maquette en trois dimensions représentant le bassin versant,
  • 12 milieux humides
  • 15 pions espèces inféodés aux milieux humides
  • Et 5 modules « aménagement » à partir desquels les acteurs envisagent les impacts sur les milieux.

Plusieurs scénarii sont possibles permettant à l’animateur de s’adapter au contexte (situation géographie, niveau des participants, objectif de la séance…)

 

 

 

L’agence de bassin Adour-Garonne : petit tour d’horizon

L’Agence de bassin Adour-Garonne, comme les 5 autres agences, récolte puis redistribue les financements selon les objectifs définis au sein de chaque bassin. En leur sein un « Comité de bassin » valide et impulse la politique publique de l’eau mise en œuvre dans le bassin, l’objectif étant la sauvegarde de la ressource en eau. Les débats et la concertation se font au cœur de ce « parlement de l’eau » constitué de 135 acteurs de l’eau diversifiés publics ou privés du bassin Adour-Garonne répartis en collèges. Aux côtés des élus et de l’Etat, les usagers y sont également représentés.

http://www.eau-adour-garonne.fr/

Martin Malvy est le Président du Comité de bassin Adour-Garonne qui compte 3 vice-présidents : un pour le collège des industriels, un pour le collège des agriculteurs et un pour le collège des consommateurs, ce dernier étant Frédéric Cameo-Ponz, membre de Nature Midi-Pyrénées.

Au sein de l’Agence, le conseil d’administration pilote l’activité de l’Agence. Il définit le programme d’intervention (redevances, modalités d’aides, équilibre financier) et le met en œuvre et vote le budget. En 2018, le budget, en baisse par rapport à 2017, a été approuvé en janvier 2018 après discussions. En effet, l’avenir des agences est incertain. Elles sont touchées par des baisses budgétaires qui affecteront en cascades les nombreux acteurs bénéficiaires de ces aides (collectivités pour les stations d’épuration, chambre d’agriculture pour des programmes de type Ferti-mieux, structures associatives pour leurs programmes de préservation des zones humides etc ). Ces décisions vont à l’encontre de l’atteinte du bon état des eaux, demandé par l’Europe et qui devra pourtant être atteint. De plus, il a été demandé aux agences d’accentuer la réduction de leurs effectifs avec une nouvelle baisse de 15%… Faire plus et mieux avec moins, voilà en substance le challenge imposé…

Nature Midi-Pyrénées a réagi à ces baisses budgétaires avec un courrier aux parlementaires pour dénoncer une politique de l’eau au rabais alors que des efforts commençaient à porter leurs fruits.

Le nouveau Sdage 2016-2021

Ce document à portée réglementaire, impulsé par le comité de bassin, fournit un cadre et constitue un guide pour l’ensemble des acteurs de nos territoires. Ses 4 orientations répondent aux grands enjeux du bassin : réduction des pollutions, amélioration de la gestion quantitative, préservation et restauration des milieux aquatiques et gouvernance de l’eau. Il intègre des évolutions importantes comme l’adaptation au changement climatique, la contribution du bassin aux objectifs du plan d’action pour le milieu marin… »

Le « Programme De Mesures » associé au Sdage permettra sa mise en œuvre et coutera environ 560 millions d’€ par an, pendant six ans.

L’agence de l’eau contribue au financement des actions du PDM par le biais de son XXème Programme d’intervention. Ce dernier est en cours d’adaptation pour devenir d’ici la fin de l’année le 11ème programme 2019-2024. Il définit les actions aidées et leur taux d’intervention (par exemple travaux de restauration de la continuité écologique (arasement de seuil) jusqu’à 80%, animation et conseil technique aux gestionnaires jusqu’à 60% etc…)

 

Le SAGE GARONNE

Actuellement, le SAGE Garonne est en cours d’élaboration (2013-2018). Le SMEAG en est l’animateur. La CLE (Commission Locale de l’Eau est constituée d’acteurs de l’eau élus à l’échelle du périmètre du SAGE Garonne) a réalisé un état des lieux puis validé le cadre stratégique le 5 octobre 2017. Un groupe de travail spécifique Zone Humide a été créé auquel nous avons participé. La rédaction des documents concertés (Plan d’Aménagement et de Gestion de l’Eau, atlas cartographique et règlement) débute. Ils seront soumis à enquête publique avant la validation finale du SAGE.

L’adoption du Schéma marquera le point de départ de la phase d’application (2019-2025 environ), conduite sous l’autorité de la CLE, qui permettra la mise en œuvre opérationnelle et le suivi du SAGE.

https://www.sage-garonne.fr/

 

 

UN PACC pour le bassin

Parallèlement au Sdage, le comité de bassin a décidé d’engager un plan d’adaptation au changement climatique dans le domaine de l’eau (PACC), qui anticipe les évolutions, en imaginant des mesures nouvelles pour limiter les problèmes futurs de la gestion de l’eau.

Espérons que celles-ci favoriseront des cultures plus économes en d’eau, faciliteront les changements de pratiques (agro écologie…), et œuvreront pour des filières économiques viables. Car il est souhaitable de combiner toutes les manières de diminuer la dépendance des exploitations en eau, la soit disant « création de ressources » n’étant pas LA solution. Son adoption est prévue au plus tard fin 2018.

La représentation des APNE :

Les associations sont représentées à différents niveaux :

  • Comité de Bassin, Elisabeth Arnauld pour la Sepanso Aquitaine, Frédéric Cameo-Ponz pour Nature Midi-Pyrénées (VP), Sabine Martin de FNE-Midi-Pyrénées
  • Conseil d’administration : Elisabeth Arnauld, représentant des usagers
  • CLE SAGE Garonne : Sabine Martin, FNE MP, Michèle Jund, Nature Midi-Pyrénées
  • Un réseau EAU des APNE au sein du bassin existe. Un poste dédié est basé à FNE-MP. Il met en réseau les bénévoles et est force de proposition.
  • Nature Midi-Pyrénées et FNE-MP sont aussi représentés dans des commissions préfectorales (sècheresse par exemple) et dans de nombreux groupes de travail.

Si le vaste sujet de l’EAU et des zones humides vous intéresse, nous vous recommandons les sites de l’agence de l’eau, ceux du SAGE Garonne, de FNE (réseau Eau) et FNE Midi-Pyrénées, de Nature Midi-Pyrénées ou encore de la CATeZH Garonne.

Contact : Michèle Jund

M.jund@naturemp.org

Bilan hydrologique 2017

L’année météorologique mondiale de 2017

D’après l’Organisation météorologique mondiale (OMM du 18/01/2018), 2017 se classe parmi les trois années les plus chaudes jamais observées (avec 2015 et 2016). C’est toujours 2016 qui se trouve en tête de liste, alors que 2017 décroche le record de l’année sans El Niño et avec La Nina de faible intensité, la plus chaude jamais constatée, ce dernier phénomène étant connu pour pousser à la hausse la moyenne mondiale des températures.

Suivi hydrologique de la Garonne

L’année 2017 a été dépourvu de crue significative. Les plus hautes eaux ont été atteint le 8 février 2017 avec seulement 523 m3/s pour débit instantané maximal, ce qui s’apparente plutôt à un débit moyen de Garonne.

De 2014 à 2017, les débits moyens mensuels diminuent d’année en année (http://www.hydro.eaufrance.fr). Les moyennes mensuelles de 2017 sont toutes en dessous des moyennes mensuelles établi sur 44 ans (graphique dessus). Cette année 2017 a été peu humide. De nombreux bras morts n’ont pas ou très peu été connectés à la Garonne, accélérant leur sédimentation et leur végétalisation.

L’étiage de cette année a été le plus sec et le plus précocement 52,6 m3/s en aout.

Les débits de Garonne en 2017 ont été très faible et n’ont permis qu’à trois bras morts (de Fontaine, Poulidas et des alluvions de la Save) d’être connectés à la Garonne, pendant au moins 6 mois. En 2016 c’était 5 bras morts qui été connectés pendant au moins 4 mois (les trois précédent, plus Port-Haut et Mauvers).

 

Suivi hydrologique de l’Ariège

Tout comme pour la Garonne, de 2014 à 2017, les débits moyens mensuels de l’Ariège diminuent d’année en année.

Le débit minimum de connexion du bras de Cintegabelle a été déterminé cette année lors de visite de terrain. Les débits d’Ariège en 2017 ont été très faible et ont permis que le bras mort de Cintegabelle à l’aval du pont soit connectés au maximum 3 mois alors qu’il a été connectés au moins 5 moins en 2016.

Les zones humides, de quoi parle-t-on ?

Depuis la prise de conscience de préservation des zones humides dans les années 1980, les notions de « zones humides », de « marais » et de « milieux humides », ont été mises en avant dans les nombreux projets et débats. L’expression « zones humides », traduite de l’anglais wetland est apparue en France dans les années 1970. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Outre un certain degré de connaissance sur le sujet, le choix et l’utilisation de ces notions reflète une représentation sociale, une vision thématique ou en résulte plusieurs définitions (juridique, écologique, sociale …).

 

Sociologiquement, les zones humides sont des milieux souffrant d’une perception négative et d’une « peur de la Nature[1] » car elles sont en perpétuel mouvement et géographiquement indéfinies[2]. Une étude réalisée en 2012[3], montre qu’il existe aujourd’hui deux grandes représentations sociales, liées à deux groupes sociaux distincts : les personnes vivant « dans » les zones humides et les personnes vivant « hors » des zones humides. Le premier groupe vivant in-situ perçoit les zones humides comme un territoire « global », emprunt à des dimensions sociales, paysagères, écologiques, fonctionnelles … Les personnes vivant ex-situ perçoivent ces milieux comme un patrimoine naturel à préserver et évincent l’aspect ressource/usage local des zones humides.

 

Dans une approche juridique, l’expression « zones humides » est clairement définie par le code de l’environnement : « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année » (Art. L.211-1). Au titre de la loi sur l’eau, la notion de « marais » est distincte de la notion de « zones humides ». Une jurisprudence démontre qu’un projet ne remplissant pas les critères de sol et de végétation, peut être qualifié de « marais » lorsque les parcelles s’intègrent dans un espace protégé portant le nom de marais : marais Poitevin et de Rochefort principalement.

Actuellement aucun texte ne définit juridiquement la notion de « milieux humides ». Elle est souvent utilisée pour désigner les espaces définit par la convention de RAMSAR[4]. Cette définition, plus large, englobe une large gamme d’écosystèmes ayant pour caractéristique commune de posséder une dynamique écologique liée à la présence de l’eau dans les sols (notamment certains milieux souterrains, marins ou encore les cours d’eau).

 

En 1991, un groupe de réflexion s’est constitué sous la direction du Muséum national d’histoire naturelle pour donner une définition scientifique d’une « zone humide » : « Les zones humides se caractérisent par la présence, permanente ou temporaire, en surface ou à faible profondeur dans le sol, d’eau disponible douce, saumâtre ou salée. Souvent en position d’interface, de transition, entre milieux terrestres et milieux aquatiques proprement dits, elles se distinguent par une faible profondeur d’eau, des sols hydromorphes ou non évolués, et/ou une végétation dominante composée de plantes hygrophiles au moins une partie de l’année. Enfin elles nourrissent et/ou abritent de façon continue ou momentanée des espèces animales inféodées à ces espaces ».

 

Actuellement, quel que soit l’approche utilisée, le terme de « zones humides » est le plus souvent utilisé et sa définition par le code de l’environnement (Art. L.211-1) en est la référence. Les recherches scientifiques et les retours d’expériences apportent de nouvelles composantes aux zones humides et interrogent constamment cette définition. Par exemple, l’intégration de typologie fonctionnelle des zones humides modifie la perception géographique et hydrologique de ces milieux (figure 1).

Les politiques publiques et la réglementation doivent prendre en compte ces évolutions, pour une meilleure protection et intégration des zones humides dans l’aménagement territorial.

 

[1] « La peur de la nature » selon F. Terrasson

[2] GOELDNER-GIANELLA L., (2016), Usages et représentations sociales des zones humides, in Colloque national, Réparer la nature. L’exemple des milieux humides, Brest, 3 et 4 février 2016

[3] SAIDI, M.-R., 2012, La représentation sociales des zones humides, MEDDE, 176 p.

[4] https://www.ramsar.org/fr/a-propos/la-convention-de-ramsar-et-sa-mission