La Garonne et les oiseaux

Pour de nombreuses espèces d’oiseaux, le corridor garonnais joue un rôle important et unique, à la fois pour la nidification, le passage migratoire et le stationnement des hivernants.

Les bois riverains accueillent principalement les espèces forestières comme par exemple le Rouge-gorge, le Grimpereau des jardins ou la Mésange bleue. Pour celles-ci, le cours d’eau n’est pas indispensable, ce n’est pas le cas pour d’autres espèces comme certains rapaces, passereaux ou hérons… pour ces derniers, un certain nombre de colonies sont installées dans les bois riverains de la Garonne, proches de leur zone d’alimentation.

Parmi les espèces présentes, le Héron cendré dont les populations ont progressé en Midi-Pyrénées depuis une dizaine d’années, le Héron pourpré, plus rare, inféodé à l’origine dans les roselières et chez nous presque exclusivement arboricole, le Bihoreau gris, qui a vu ses effectifs diminuer ces dernières années, le Héron garde-bœufs en progression forte en Midi-Pyrénées et enfin l’Aigrette garzette qui est localisée à certaines colonies.

Les passereaux comme la Bouscarle de Cetti ne s’éloigne jamais bien loin des cours d’eau, insectivore et sédentaire, elle craint les hivers rigoureux et trouve près des cours d’eau, même dans des conditions climatiques difficiles, les larves et insectes indispensables à sa survie.

Parmi les rapaces, le Milan noir est un hôte privilégié des bois riverains, la Garonne lui met à disposition sa nourriture, poissons morts en particulier, et des arbres pour y construire son nid. Ce rapace migrateur obtient ses plus fortes densités sur les cours d’eau notamment surtout le corridor garonnais. Le Faucon hobereau est bien représenté sur la Garonne, chasseur aérien d’insectes et d’oiseaux, le fleuve génère un apport supplémentaire de proies propice à son maintien.

D’autres espèces sont bien présentes comme le Martin pêcheur, la Bouscarle de Cetti… ou plus localisées comme le Petit Gravelot, le Râle d’eau ou l’Echasse blanche…

Espèces phares de Garonne

Le rare Aigle botté, est présent ponctuellement dans les bois riverains de la Garonne, plus fréquent en amont de Toulouse mais aussi présent en aval. Un suivi régulier de cette espèce sur le corridor Garonnais, montre une forte expansion de l’espèce vers l’aval, avec 20 couples connus en Haute-Garonne nichant à proximité directe de la Garonne. Cette espèce rare niche sur un arbre et utilise alors la Garonne et ses plans d’eau annexes comme réservoir alimentaire où il chasse de nombreuses proies (insectes, oiseaux, campagnols…).

Le Héron pourpré mérite une attention particulière, car très localisé et rare. Sa présence est noté sur 7 colonies sur la Garonne souvent en compagnie d’autres espèces de hérons.

Les enjeux et les problèmes

Les bois riverains, notamment ceux qui abritent des sites de nidification ou d’hivernage des hérons, de l’Aigle botté et des espèces peu communes ou rares doivent être protégés intégralement. L’étroitesse du corridor boisé sur la Garonne, alliée à la fragmentation des boisements dû à l’exploitation forestière puis à la progression des cultures de peupliers, ont altéré dans un premier temps les habitats puis ont fait disparaître les secteurs tranquilles, sans intrusion. La tranquillité des espèces est l’élément clef qui permettra à celles-ci de se reproduire dans de bonnes conditions et de pouvoir ainsi faire toujours partie de notre avifaune locale.

Les actions à mener pour améliorer leur prise en compte

La fréquentation et l’intrusion régulière est la première cause de dérangement de ces espèces. Dans le cadre de Natura 2000 Garonne, la connaissance et les éléments ont été apportés (localisation des espèces sensibles et rares, héronnières, espèces à enjeux…), et devrait permettre de prendre en compte les espèces et leurs habitats.