La Garonne

Du Val d’Aran à la Gironde, la Garonne draine le bassin aquitain sur 575 km puis s’écoule dans l’estuaire avant de rejoindre l’océan. Les différents visages de la Garonne sont modelés par sa propre dynamique fluviale et nos activités humaines…

D’abord torrent jusqu’à Montréjeau, son tracé est faiblement sinueux et sa plaine d’inondation étroite. Déjà, trois barrages hydroélectriques ont profité de rétrécissements naturels pour s’implanter.

Plus bas, le secteur de piémont avec les plaines de Rivière puis d’Inard constitue le vivier écologique de la Garonne. Ici, ce sont 12 barrages hydroélectriques qui se succèdent perturbant l’hydrologie naturelle, empêchant la progression des poissons migrateurs vers leur zone de reproduction et enrayant le transport des sables et galets, appelé « transport solide ». Ce dernier est pourtant le garant du bon état du fleuve et de son équilibre dont dépendent sa qualité biologique et notre qualité de l’eau.

Après la confluence avec le Salat, la Garonne longe les falaises du Volvestre et son cours se dirige vers Toulouse qui, à l’instar de nombreuses cités, s’est développée autour de son fleuve. Dès 1920 l’artificialisation des berges est engagée, suivie par l’occupation des espaces riverains, l’exploitation des ressources fluviales… entraînant chacune son lot de modifications de l’écosystème.

Ce n’est qu’à l’aval de Toulouse que la Garonne reprend ses aises et déploie de multiples méandres dans une large plaine d’inondation. Le fleuve réaffirme ici son caractère naturel par les forêts alluviales qui bordent ses berges, les îles et îlots et ses nombreux bras morts où s’exprime une vie animale originale.

Cependant, la Garonne et ses espaces riverains sont en sursis, détruits ou dégradés par trop d’aménagements ou d’exploitation, dont les enrochements de berges et les extractions de graviers des années 80 ne sont pas les moins impactant. Pourtant ces milieux humides et annexes fluviales assurent de multiples fonctions utiles à l’homme : lutte contre les inondations, qualité de l’eau, paysages, biodiversité…

Grossi par le Tarn, le fleuve continue son cours entre de hautes berges bordées d’un liseré étroit de peupliers en guise de ripisylve. Car au fil du temps, des digues ont été érigées tout le long du fleuve afin de contrôler les débordements et ainsi permettre une occupation optimale des terres. Dans cette vaste plaine rendue auparavant très fertile par l’apport de limons, tout l’espace a été conquis par l’agriculture. De nombreux seuils qui permettaient jadis d’alimenter les moulins stabilisent aujourd’hui le lit et sont difficilement franchissables par les poissons : deux éléments entravent le « continuum fluvial » : la centrale nucléaire de Golfech (malgré une passe à poissons) et le barrage de Malause, à partir duquel est alimenté la centrale et qui est à l’origine du plan d’eau de Saint Nicolas de la Grave.

A l’aval de Bordeaux, la Garonne désormais influencée par le rythme des marées n’est plus un fleuve à courant unique. La navigation et les infrastructures portuaires y occupent une place prépondérante. la pêche professionnelle essaye de préserver son activité, car le « bouchon vaseux », selon son importance et via l’accumulation des polluants, peut causer des problèmes à la faune piscicole notamment migratrice.

Des activités humaines ont valu à la Garonne un classement en cours d’eau « fortement modifié » sur une partie de son cours au titre de la Directive Cadre Eau. Comment concilier activités humaines et préservation du fleuve (dans notre intérêt) ? Aujourd’hui, la question est posée et des actions positives voient le jour avec des réponses… au cas par cas.

Liens utiles
L’exposition Garonne Vivante de Nature Midi-Pyrénées Le portail bibliographique Internet sur la Garonne du SMEAG